Bienvenue sur Hygie FR-RU, une plateforme sur l’histoire franco-russe des sciences

Voici un petit paquet d’histoire et de sciences, en constant développement, fait pour vous, lecteurs russophones et/ou francophones.

La Grande histoire

Les vagabondages de la Science (biologique en l’occurrence) et de ses savants serviteurs sont mis en correspondance avec les sursauts de la Grande Histoire, jalonnée par plus de 100 ans d’émigration russe notamment en France, par vagues successives, pré-révolutionnaire sous l’Empire tzariste et post-révolutionnaire à partir de 1917 (1919-1921 / 1944-1945 / 1970-1989).

L’Institut Pasteur de Paris, officiellement inauguré le 14 novembre 1888, est fondé par Louis Pasteur, qui fait preuve d’une grande sympathie pour la Russie impériale. Dès la création de l’Institut, Emile Roux, jeune assistant de Louis Pasteur, ouvre et dirige un cours de microbiologie, dit «cours de microbie technique», appelé au fil de sa réputation le «Grand Cours». De nombreux étudiants français et étrangers, parmi lesquels des scientifiques venus de Russie y participent. Les laboratoires de l’Institut Pasteur comptent dès leurs créations quelques savants russes, parmi lesquels Elie Metchnikoff qui quitte la Russie en 1887, lassé des conflits avec les autorités médicales d’Odessa. Ses travaux sur l'immunité sont couronnés par le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1908, partagé avec Paul Ehrlich. Dans son service de microbie morphologique à l’Institut Pasteur, E. Metchnikoff accueille certains de ses compatriotes médecins et biologistes : parmi eux, citons l’éminent médecin et microbiologiste Lev A. Tarassevitch (1868-1927), en 1900-1902, qui, de retour en Russie, deviendra l’un des remarquables promoteurs de la vaccination contre le typhus et le choléra pour l’Armée russe durant la Première Guerre Mondiale, puis oeuvrant au Conseil scientifique du Commissariat à la santé d’URSS «Narkomzdrav». L’Institut Pasteur de Paris ouvre ensuite ses portes à des scientifiques russes réfugiés de l’après-révolution. En Tunisie, sous protectorat français à l’époque de la guerre civile russe, Charles Nicolle (directeur de l’Institut Pasteur de Tunis), raconte dans sa correspondance l’arrivée en 1921-1922 de nombreux civils et soldats russes de l’Armée blanche de Crimée du Général Wrangler. L’Institut contribue aux premiers soins, recrute un médecin russe et se préoccupe de l’emploi des réfugiés.
A Villefranche-sur-Mer ((Alpes Maritimes), la station zoologique fondée en 1886 par le professeur Alexis de Korotnev, financée par la Russie, accueille plus d’une dizaine de chercheurs russes.

Notre travail

Nous avons constaté, au Service des Archives de l’Institut Pasteur de Paris, que sont conservés de nombreux documents en langue russe, concernant des scientifiques russes, ou naturalisés français d’origine russe, ou français de seconde génération (médecins, biologistes, zoologistes, immunologistes, microbiologistes) venus travailler à l’Institut Pasteur. Nous avons le désir de vous faire rencontrer sur ce site, résolument bilingue, les coulisses d’une recherche passée, qui a fait celle d’aujourd’hui, sur la base de documents d’archives, présentés par dossiers. Ces dossiers reposent sur la synthèse (non le catalogue) d’informations éparpillées dans différents fonds d’archives. Grâce à l’accès aux bases de données dont nous disposons, réalisées par les institutions citées en référence de chacune des illustrations, nous pouvons vous en faire partager une petite fenêtre.

Pour le moment, sont disponibles à la lecture deux types de dossiers:

1- Portraits de chercheurs d’origine russe venus travailler à l’Institut Pasteur de Paris, dressés à l’aide de repères chronologiques illustrés et légendés.

2- Dossier thématique : sur l’histoire de la fondation d’instituts de recherches en biologie et médecine, à Saint-Pétersbourg et à Paris, à la fin du XIXe siècle.

Une fois le mur tombé en 1989, en ce début de XXIe siècle, nous avons l’ambition de vous offrir un fragment d’histoire des sciences biologiques de la Russie hors frontière ou en réappropriation de l’héritage scientifique laissé ; l’ambition d’élargir aux instituts de recherche autres que l’Institut Pasteur de Paris ; celle de rendre compte de la vie et de l’oeuvre scientifique de chercheurs contemporains d’origine russe de quatrième, voire de cinquième génération. Les exodes russes, pour les uns une marche dans le désert, pour d’autres s’avérant fructueux, comme dans le domaine de la médecine et de la biologie abordé ici, méritent notre mémoire.

La Rédaction

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